… n'étaient pas suivis par tous les élèves, comme en atteste cette lettre, retrouvée dans la collection de mon père :

J'ai tenté, dans un premier temps, de retranscrire littéralement la lettre (devrais-je dire «
lalette ») puis dans un second, de reformuler dans la bonne orthographe, de manière à ce que
ça devienne (plus) intelligible.
Retranscription :
«
Je fait réonponse a talléte qui ma fait plèzire
hier seur tu medi que tu ést malade en se momant
tu medie que tu a la jonise se nét pâs denjeureuse. en se moment jai un foremale
au dent je peux te deire que je melèfaitre
arachè sa ma faite grent male. pauvre
moucheouire il en na un de finie sét
la plu malien. je témine mallette en
ten brasent de tou mon ceure tu sourètera
bien le bongouire a tépatront en poure
insie qua réné de ma pare Alice »
Tentative de traduction :
«
Je fais réponse à ta lettre qui m'a fait plaisir.
Hier soir, tu m'as dit que tu es malade en ce moment.
Tu m'as dit que tu as la jaunisse. Ce n'est pas dangeureux. En ce moment, j'ai un fort mal
aux dents. Je peux te dire que je me l'ai faite
arracher. Ça m'a fait grand mal. Pauvre
mouchoir ! Il en a un de fini. C'est
la plus [incompréhensible]*. Je termine ma lettre en
t'embrassant de tout mon cœur. Tu souhaiteras
bien le bonjour à tes patrons [incompréhensible]
ainsi qu'à René de ma part. Alice. »
* On peut imaginer qu'elle parle du mouchoir du dentiste, ensanglanté et donc bon à jeter (« il en a un de fini »), si quelqu'un arrive à comprendre ce « malien
» et « en poure » plus bas…
Attention, je ne me moque pas de cette chère Alice (qui, je présume, écrivait comme elle parlait — c'est-à-dire en accentuant certains mots à l'oral comme à l'écrit ([mouchouère] / [ma'let']), je
suis juste assez étonné de voir qu'à l'époque déjà, le langage SMS gagnait du terrain ([plézire] / [foremale] / [grent male]) !